Originario y orgánico

Se publicó un artigo (primera parte) sobre mi viaje al blog de Originario y orgánico, asociación de Buenos Aires. Gracias Pilar para este artigo!

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En route vers le FSM de Porto Alegre

Mon chemin devait de toute façon passer par Porto Alegre, après une pause via les plages d’Uruguay. Mais les choses se sont accélérées à Montevideo. Nathalia m’a en effet appris qu’avait lieu du 24 au 29 janvier le Forum Social Mondial de l’éducation à Porto Alegre. Bref, j’y vais, et ma ficelle bien en main, dans toutes les langues!

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Montevideo, Eduardo es-tu là?

C’est un peu par hasard finalement que ma route est passée par Montevideo. Mais je me suis souvenu qu’elle a vu naître un de mes auteurs préférés: Eduardo Galeano. Me dirigeant vers le Café brasileiro de la “ciudad vieja”, la vieille ville, “Las venas” en main, je n’espérais pas seulement une dédicace, mais également une interview de cet homme de coeur. C’est rapé… Il est en vadrouille. Néanmoins, j’ai lu la seconde partie du bouquin et ai appris un peu plus de l’histoire latino-américaine: la guerre de la Triple Alliance, un épisode encore douloureux aujourd’hui pour les Uruguayens qui ont de la mémoire, comme Eduardo, radiologiste passionné d’histoire qui m’a donné un lift entre Carmelo et Montevideo.

Nous sommes en 1845. Le Paraguay est un pays prospère, en fait le seul qui réalise un développement indépendant en Amérique latine. L’agent Hopkins, un nord-américain en visite dans le pays écrit qu’il n’y a pas un enfant qui ne sache lire ou écrire au Paraguay…  Or, la réussite paraguayenne s’est construite sans investissements étrangers, sans prêts de la banque d’Angleterre, et sans le béni libre-commerce vu que le pays applique des mesures protectionnistes… Le commerce anglais ne dissimule pas son inquiétude: la réussite de ce pays situé en plein centre du continent pourrait donner des idées aux pays voisins. C’est ainsi que le Brésil et l’Argentine, sous les ordres et avec les capitaux de Londres, forcent l’Uruguay à attaquer avec eux le pays de Solano López en 1865. La guerre dura cinq ans, et extermina 90% de sa population masculine. Mais du Paraguay déchu ne disparaît pas seulement son peuple, disparaissent aussi les taxes douanières, les acieries, la fermeture des fleuves aux navires étrangers, l’indépendance économique et de vastes zones de son territoire. Les vainqueurs imposent à l’intérieur des frontières réduites le libre-échange et le “latifundio” (possession d’immenses surfaces de territoire par une seule personne). Sur les ruines encore fumantes du Paraguay a lieu le premier prêt étranger de son histoire. Britannique, bien entendu…

Pourquoi ce petit bout d’histoire? Parce qu’on voudrait nous faire croire que l’Etat est le problème, et le libre-échange est la panacée. Parce que le mieux qu’il y aurait à faire, c’est de privatiser. Regardez la situation du Paraguay aujourd’hui… A qui profite le crime? On en reparle dans un prochain post…

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2012! Un an déjà!

Petite rétrospective de l’année écoulée, en photos et en musiques:

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Post “Développement”

Cette petite note fait suite à la vidéo-conférence réalisée il y a quelques semaines avec la classe de 5°C du Collège de Gembloux, en Belgique. M’entendant critiquer l’idée que nous (occidentaux) serions “développés” et pas d’autres, une élève m’a logiquement demandé: “C’est quoi pour toi être développé?”. Difficile de répondre à cette question… Mais se la poser est important, et en regardant d’un peu plus près l’histoire de ce concept, porter un regard critique sur la société.

Quelques petites citations pour commencer, d’auteurs francophones ayant un certain regard critique sur la chose :

“Ainsi, la société occidentale persiste-t-elle à penser qu’elle incarne l’avenir de toutes les sociétés. Sa mission civilisatrice s’est transformée en une mission d’aide. Et les sauvages d’hier étant les sous-développés d’aujourd’hui, ceux qui, hier, les civilisaient, aujourd’hui, les développent.”

[François PARTANT]

« Le robot culinaire, comme l’automobile, le comprimé, l’ordinateur ou le téléviseur, dépend entièrement de l’existence de vastes systèmes d’organisation et de production soudés les uns aux autres. Quiconque appuie sur un interrupteur ne se sert pas uniquement d’un outil mais se branche sur un raccordement du système. Entre l’utilisation de techniques simples et celles d’outils modernes se trouve la transformation d’une société toute entière. »

[Wolfgang SACHS]

“Le développement est constitué d’un ensemble de pratiques parfois contradictoires en apparence qui, pour assurer la reproduction sociale, obligent à transformer et à détruire, de façon généralisée, le milieu naturel et les rapports sociaux en vue d’une production croissante de marchandises (biens et services) destinés, à travers l’échange, à la demande solvable.”

[Gilbert RIST, in "Le développement, histoire d'une croyance occidentale"]

Je crois qu’il s’agit avant tout de réfléchir au-delà du développement, et non de chercher à en donner une meilleure définition, bien que j’apprécie celle de Gilbert Rist. C’est en 1949 que le développement a été formulé comme tel par le président étasunien Truman. Il s’agissait de faire croire que d’une part le modèle capitaliste était l’exemple à suivre et que d’autre part, tous ceux qui suivraient l’exemple des pays riches pourraient un jour arriver à leur niveau.

L’interview de Wolfgang Sachs (« Le développement, un concept du passé ») parue dans « Le Monde » en 2000, ainsi que le carnet d’accompagnement du jeu de la ficelle (p.33) vont plus loin dans l’étude historique.

Mais dans un monde aux ressources limitées, ça ne tient pas la route, étant donné le niveau de consommation des riches. On a donc inventé le concept de développement durable. Personnellement, j’avais trouvé ça séduisant. C’est même ce qui a démarré mon embryon d’analyse systémique. J’en ai fait mon travail de fin d’études il y a 10 ans. Mais si on y regarde d’un peu plus près : le développement durable c’est continuer à faire un peu plus de tout (et donc de la même choses), et aussi un peu plus d’écologie. A bien y réfléchir ça ne tient pas beaucoup plus la route, puisqu’on reste dans une logique de croissance perpétuelle qui est impossible avec des ressources limitées. C’est la base de tout un mouvement qui s’appelle la décroissance, ou encore l’objection de croissance, dont je fais d’ailleurs partie.

“Pour croire à une croissance infinie dans un monde aux ressources finies, il faut soit être un fou, soit être un économiste”

[Kenneth BOULDING]

Pour aller plus loin, jeter un oeil aux articles de Serge Latouche « Et la décroissance sauvera le Sud », paru en 2004 dans Le Monde diplomatique et de Gilbert Rist, répondant aux détracteurs de la décroissance en 2005, article bourré de bonnes références.

Mais n’en restons pas à la théorie !  Le cas du TIPNIS que j’ai rencontré en Bolivie va nous servir d’exemple pour illustrer le sujet. Le gouvernement bolivien, soucieux de fortifier la croissance économique du pays, veut construire une autoroute reliant le Beni à Cochabamba, le trajet actuel étant très long. Problème: le tracé prévu passe au centre d’un parc naturel qui en plus comporte des communautés indigènes. Contrairement à ce que prévoie la nouvelle constitution de l’état plurinational, les communautés concernées ne sont pas consultées, et les travaux débutent, perpétrés par une entreprise brésilienne. Mais la résistance s’organise car, au-delà du non-respect de la constitution, c’est un parc naturel important qui est menacé. Le dilemme pourrait donc s’apparenter au suivant : sauvegarder ce patrimoine et laisser isolées les zones du Beni et de Cochabamba, ou construire l’autoroute et couper la réserve en deux. En fait, il s’agit d’un problème de vision du développement, et d’intérêt collectif à différentes échelles. La volonté de communautés d’indigènes minoritaires à l’échelle du pays peut-elle contrecarrer les plans de développement du gouvernement ? Le gouvernement a-t-il le droit au nom du progrès, symbolisé ici par une autoroute, de renier les droits récemment reconnus des peuples indigènes ? Le débat auquel j’ai assisté montre qu’on peut à la fois construire cette autoroute (qui permettra un gain de temps considérable pour relier le territoire du Beni) et respecter les indigènes et leur réserve, en modifiant le tracé prévu. Car en effet personne n’était contre le fait de construire une autoroute, ni contre le fait de préserver le parc. L’avenir dira si cette solution, plus chère qu’un tracé direct, car plus longue, l’emportera sur la version qui a provoqué une importante mobilisation dans le pays, autour de la marche des indigènes vers La Paz, pour manifester leur mécontentement. Si le gouvernement a fait marche arrière, suite au scandale de Yucumo où les policiers sont intervenus violemment, la proposition de réferendum n’est pas forcément salutaire, la majorité des populations des départements étant favorables à l’autoroute, du moment qu’elle passe par chez eux! A suivre…

Ici aussi des documents à proposer, mais la plupart en espagnol :

J’espère que ces liens et cet exemple permettront la réflexion sur le sujet principal que le développement pose : « à quel projet collectif sommes-nous en train de participer, consciemment ou non ? ».

D’un objecteur de croissance, de vitesse, et bien plus que ça !

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Passages radio

En moins de 24h, je viens de passer deux fois à la radio. Expériences très contrastées.

Ce mardi matin, sur PureFM, radio belge, dans l’émission “Connexion”, temps d’antenne limité sans même pouvoir aborder mon projet. En français et téléchargeable ici.

La veille au soir, sur Radio Rebelde, dans le programme de la commission écologie du mouvement Tupaj Katari, parlant uniquement du projet, et de l’adaptation en cours du jeu de la ficelle à une action de théâtre de rue ayant eu lieu hier matin. Cette activité était l’audience publique des familles expulsées de leurs terres par une compagnie souhaitant planter du soja pour en faire du bio-diésel. Interview en espagnol, téléchargeable ici (minutes 24-30).

Bonne écoute!

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Indignons-nous!

Il y a des informations qui ne passent pas. Michel Collon en parle d’ailleurs régulièrement sur son site, consacré à la dénonciation de la désinformation. Un bel et grand événement a lieu a Bruxelles à partir de demain… La petite fable suivante est liée à ce grand moment et devrait aider les non-économistes comme moi à comprendre ce qu’on appelle “LA CRISE”. A entendre continuellement prononcer ces mots, on en aurait presque la chaire de poule nom d’une ficelle! Voici la fable:

Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village. Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l’entendre qu’il achèterait cash 100 euros l’unité tous les ânes qu’on lui proposerait. Les paysans le trouvaient bien un peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie. Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 euros par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendirent leurs bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 euros et ceux qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants. Constatant qu’il n’en restait plus un seul, il fit savoir qu’il reviendrait les acheter 500 euros dans huit jours et il quitta le village.

Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu’il venait d’acheter et l’envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 euros l’unité. Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 euros dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu’ils l’avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent.

Comme il fallait s’y attendre, les deux hommes d’affaire s’en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu’au cou, ruinés.

Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt. Le cours de l’âne s’effondra. Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s’en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s’il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.

Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour qu’ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne fit pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement.

Voyant sa note en passe d’être dégradée et pris à la gorge par les taux d’intérêts, la commune demanda l’aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient en aucun cas l’aider car elles avaient connu les mêmes infortunes. Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses : moins d’argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale… On repoussa l’âge de départ à la retraite, on supprima des postes d’employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts. C’était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes.

Cette bien triste histoire prend tout son sel, quand on sait que le banquier et les deux escrocs sont frères et vivent ensemble sur une île des Bermudes, achetée à la sueur de leur front. On les appelle les frères Marchés.

Très généreusement, ils ont promis de subventionner la campagne électorale des maires sortants.

Cette histoire n’est toutefois pas finie car on ignore ce que firent les villageois.
Et vous, qu’auriez-vous fait à leur place ? Que ferez-vous ?
Pour nous retrouver tous sur la place principale des villages et villes,

le samedi 15 octobre 2011 (journée internationale des indignés)
Faites déjà passer cette histoire à votre voisin
(Toute ressemblance avec une situation existante
ou ayant existé n’est, bien sûr, que pure coïncidence …)
img.over-blog.com/2FEFC31C.jpg
1ere marche européenne des indignés partie d’Espagne.
Arrivée à Bruxelles vers le 8 octobre 2011.
Journée internationale des indignés
samedi 15 octobre 2011

Source originale, en espagol, ici. Version française prise sans doute ici.  J’ai aussi trouvé une critique virulente de cette fable, ici. C’est toujours intéressant d’entendre des points de vue opposés, même quand il font autant de raccourcis et ne citent pas leurs sources! Ceci dit, je trouve un peu limite (de l’auteur qui sans donner son nom  se croit aussi visiblement plus intelligent que les autres) de dire que les Etats ont prêté de l’argent avec intérêt, que les banques ont remboursé! C’est bien mal connaître le dossier des relations entre banques et nations européennes (ou bien est-ce du mensonge de propagande?). Je vous envoie à l’excellent travail du CADTM, dont le sérieux est mondialement reconnu.

Sachez enfin que cette fable est le fruit d’un financier, d’après le blogger espagnol, et ce qu’elle explique didactiquement avant tout, pour moi, c’est la spéculation, la virtualité de l’économie et la soumission de tous à cette dernière. A diffuser!

Indignés de tous les pays, levons-nous!

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La danse du Tinku à Colquechaca

Je disposais du contact de Maïté dans mon carnet d’adresse depuis la Belgique, mais c’est finalement par hasard que je l’ai rencontrée à Sucre en visitant l’ONG ASUR. Très occupée, c’est avec son mari Richard (alias Ricardo ici) que j’ai le plus causé, et les récits enflammés qu’il m’a faits des aventures d’André, le frère de Maïté, m’ont convaincu à aller faire un tour dans le Nord Potosi. Potosi, c’est la mine. Et même Germinal diront certains, tant les conditions de travail sont rudes. La mine de Potosi a déjà vu sortir de ses entrailles des tonnes et des tonnes d’argent depuis 500 ans et le filon n’est pas mort. Le procédé utilisé me rappelle la mine d’or de Jacobina: un barrage de rétention avec l’eau contaminée, ici au mercure et non au cyanure. D’ailleurs c’est bien simple, un barrage a déjà lâché, créant une pollution infernale. Mais je ne suis pas allé jusqu’à Potosi. J’ai juste accompagné André, chirurgien belge reconverti en prêtre jusqu’à sa base de Colquechaca, avant de visiter deux communautés “al campo” à Chayrapata et à Achumani. Puis on est revenu faire la fête à Colquechaca, en l’honneur de San Bartolome. C’est là que je me suis initié au Tinku, danse locale utilisée jusqu’il y a peu avant de se tapper dessus à coup de poings et de pierres, parfois jusqu’à la mort, tout le monde se serrant dans les bras une fois terminé… Mais le travail d’André a largement diminué cette pratique, qui n’existe plus qu’en de rares endroits. Le fait de voyager avec “Padre Andres”, vivant depuis 30 ans dans la région, et ayant une compréhension profonde des réalités locales de par ses fonctions m’est apparu comme une aubaine. En plus à partir de la mi-août, c’est le moment des fêtes. André se rend donc un peu partout célébrer baptêmes, mariages, messes diverses, le tout arrosé par une quantité tout à fait déraisonnable de chicha, la boisson locale à base de maïs. Et on ne peut pas refuser quand on est invité. Par contre, on peut se faire aider, technique que j’ai utilisé à profusion, en particulier quand arrivait un seau complet du breuvage. Finalement, beaucoup de choses en peu de temps, et une solide grippe en rentrant, ayant au passage passé pourt la première fois la barre des 4000m, notre point culminant lors de nos balades ayant été de 4800m. De très chouettes rencontres aussi, avec quelques personnes engagées qui ont de belles idées. Un grand merci à Lara et à Mario! Et de beaux souvenirs, je vous laisse les photos!

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Viaje en cuerda, bonjour les ONGs!

Comme prévu José m’a concocté un programme chargé pour rencontrer les ONGs locales, liées à l’agriculture paysanne. Malheureusement, je me rends vite compte que l’agro-écologie n’est guère pratiquée dans la région, ce que m’avait déjà montré mon passage par Los Valles. Néanmoins, les échanges sont riches et des propositions de collaboration en sortent, notamment via le jeu de la ficelle, adapté rapidement à la réalité bolivienne. Le changement climatique est un sujet bien actuel ici, car depuis cinq ans, la pluie est capricieuse et peut arriver avec deux mois de retard. La priorité des ONGs est d’ailleurs la sécurité alimentaire, en augmentant la production. Il n’est donc pas étonnant de constater l’omniprésence de la chimie. Il y a aussi une très forte migration des campagnes vers les villes, voire vers les pays voisins, en particulier l’Argentine et le Chili.

En rencontrant l’ONG Pasos, mon attention est attirée par l’un de leurs projets, “el desayuno escolar”. Il s’agit d’un phénomène qui s’étend dans tout le territoire: transformer le repas à l’école pour qu’il soit diététiquement adapté et en se fournissant le plus possible chez les producteurs locaux. Rendez-vous est pris pour visiter les écoles concernées (primaire et secondaire) à Presto, à environ deux heures de Sucre. Arrivé sur place, j’apprends que les directrices sont charmées par mon projet et ont déjà organisé une rencontre avec tous les professeurs! Un peu pris de court, je décide de leur proposer un jeu de la ficelle un peu différent: construire ensemble le système du “déjeuner scolaire”. Ayant un peu de mal à me comprendre, les profs vont petit-à-petit rentrer dans le jeu et me permettre, sans s’en rendre compte d’obtenir déjà de précieuses informations sur le projet, mais surtout sur leur perception de celui-ci. Expérience très riche que je répèterai sans aucun doute dans l’avenir. Le lendemain, je passe voir les deux directrices. Celle du secondaire me propose d’intervenir dans les cours, ou de faire une conférence. Finalement, on opte pour une journée complète de réflexion autour du jeu de la ficelle avec les classes de 5° et de rhéto. Visitant la classe de 5° en plein cours d’histoire sur la guerre froide, je suis ébloui par ce que je vois: un jeu de rôle est proposé par l’enseignant, un tiers de la classe jouant les capitalistes, un tiers les socialistes, et un tiers les centristes. Les élèves sont très impliqués et le débat d’une richesse qui me laisse rêveur… A quand de telles méthodes dans les autres écoles? Le fait de parler de l’Impérialisme est aussi significatif. Ici, l’histoire paraît bien différente de celle enseignée outre-atlantique. C’est au terme d’un échange très chaleureux avec ce prof d’histoire que je cours vers le bus qui me ramène à Sucre. De belles choses en perspectives!

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